Voyage en famille désert Maroc

Une expérience inoubliable dans le désert du Sahara au sud du Maroc

 

Source : Le monde cousu main >> Lire l'article en entier (ici)

 

#1-ON "S'ACCLIMATE" D'ABORD A MARRAKECH

 

A à peine 3 heures de vol de Paris, Marrakech c'est déjà un sacré dépaysement et un grand voyage. La découvrir en famille, c'est plonger dans une ville vibrante de couleurs, de sons et d'odeurs.

Deux soirées et une journée pour cette première étape bien agréable avec au programme:

 

-La découverte de la place la plus célèbre du Maghreb, la fameuse Jemma El Fna qui peut être en fonction de son humeur, de ses rencontres et de l'heure de la journée tantôt intrigante, fascinante mais aussi parfois un peu effrayante ou irritante, mais quoi qu'il arrive toujours trépidante. On pourrait y passer des heures à observer les tatoueuses au henné, les musiciens, les porteurs d'eau, les charmeurs de serpents, les dresseurs de singes... mais la sollicitation est permanente et on finit finalement toujours assez rapidement par chercher refuge dans un endroit plus calme...comme dans notre Ryad (Ryad Bayti), une belle adresse où séjourner en famille. Il est à 10 minutes de la place Jemma El Fna, propose de belles suites familiales avec 2 chambres, et un beau patio au milieu duquel il y a un bassin dans lequel il est possible de se baigner (les enfants ont testé mais c'était frais...)

Le magnifique jardin de Majorelle, célèbre pour son bleu si particulier, et pour avoir appartenu à Yves Saint Laurent. La villa est entourée d'un splendide jardin botanique, avec des plantes du monde entier, des bassins, des jets d'eau...Cet endroit au charme incroyable est un vrai oasis de calme, de fraîcheur et de verdure dans cette ville trépidante. Il est préférable d'y aller pas trop tard dans la matinée car il peut y avoir du monde, et de prendre le temps ensuite d'un thé ou d'un déjeuner dans le charmant petit restaurant qui s'y trouve.

 

-La découverte de la Médina et des souks

Un labyrinthe de ruelles, impasses, placettes, portes derrière lesquelles se cachent de somptueux riads et souks où on prend plaisir à observer toutes ces curiosités et petits trésors et à négocier longuement pour quelques dirhams. Ici le temps semble s'être arrêté et même si la mode et la technologie sont passées par là, il en faut peu pour voyager dans le temps et revenir 2000 ans en arrière.

Un spa en famille, 2h30 de pur bonheur !

On prend la totale au Spa Mains de fées: hammam, gommage, masque d'argile, et 1h de massage. L'adresse qu'on a choisi est gratuite pour les enfants de moins de 12 ans, et comme si l'offre n'était pas assez attractive, ils offrent aussi en plus pour chaque membre de la famille une manucure ou une pédicure. 

Les enfants prennent autant de plaisir que nous et on ressort tous tout groggy, d'attaque pour aller savourer un bon tajine dans l'un des bons petits restaurants de cette même rue: la Cantine des gazelles ou le Corner Café, toutes deux très sympa et chaleureuse, et servant d'excellent plats vraiment pas chers.

 

#2-LA ROUTE DE MARRAKECH A M'HAMID EL GHIZLANE, AUX PORTES DU DESERT

 

Petit déjeuner très matinal au Ryad Bayti puis direction place Jema El Fna où on a rendez avec Abdu, notre chauffeur à 7h30, devant le café de France. 

La route, certes longue (on mettra pas loin de 12 heures porte à porte incluant plusieurs pauses) qui traverse une partie du pays, est l'un des plus beaux circuits à faire en road trip au Maroc. Parsemées de centres d'intérêt, elle fait voyager dans le temps entre les montagnes du haut Atlas (en passant par le Col de Tichka, point culminant à 2300m), les palmeraies, les vallées, les kasbahs (on s'arrêtera pour visiter celle magnifique d'Aït Ben Haddou) et les villages au traditions ancestrales.

On espère arriver au campement de M'hamid pour le coucher du soleil mais on le ratera de peu (ce qui n'est pas si grave car le temps était un peu couvert, et ça laisse ainsi la surprise pour les soirées suivantes). Petit arrêt obligatoire au village de M'hamid pour l'achat du traditionnel Chech (qu'on n'a plus quitté à partir de là), puis on s'enfonce dans le désert pour arriver au campement fixe, le point de base de Mélodie du désert 15 minutes plus loin. Saïd nous y accueille avec un thé à la menthe autour du feu de camp, on fait la connaissance de Noemie et Johanna, nos 2 coéquipières pour le trek, puis on passe à table (soupe harira et couscous) avant de vivre notre 1ere soirée endiablée autour du feu. Tous les bédouins (ils sont bien 10 ce soir là) nous offrent un sacré concert, ponctué de danse assez drôles. Ninon est à la limite de la transe et se trémousse avec entrain, le ton est donné !

 

#3- DANS LE DESERT DU SAHARA

 

1ere journée: lever, comme tous les jours qui suivront, avec le lever du soleil (entre 7h30 et 8h) sans aucune difficulté, bien excités que nous sommes à l'idée de ce qui nous attend. Nous testons le 1er petit déjeuner, le même que celui qui nous accompagnera sur les autres journées: pain, vache qui rit (le beurre ne supporte pas bien le transport en dromadaire...), confiture, thé à la menthe ou café.

Mohamed (le chamelier), Atman (le cuisinier) et Ibrahim (le guide) finissent le chargement des 5 dromadairesqui vont faire le voyage avec nous, et Yallah, on entame notre 1ère journée de randonnée dans le désert. Le temps est gris mais ce n'est pas plus mal pour une acclimatation en douceur. J'observe les dromadaires, animaux auxquels j'avais jusque là porté assez peu d'intérêt et qui au fil des jours, attiseront ma fascination, voire mon attachement, avec leur nonchalance et leur petit sourire narquois.

Après 1h30 de marche alternant entre parterre de terre séchées (formant ce qu'ils appellent "les feuilles du désert") et petites dunes de sable, 1ère pause à l'ombre d'un tamaris pour un petit goûter, qui lui aussi nous accompagnera au long de ces 5 jours: dattes et mandarines (ce qui nous permet aussi de faire un petit cadeau aux dromadaires en leur donnant à manger nos épluchures).

On poursuit jusqu'à la pause déjeuner, toujours dans un endroit stratégiquement choisi par Ibrahim (surnommé notre petit GPS), qui passe son temps sur les hauteurs des dunes à repérer les bons spots et à vérifier si on suit bien la bonne direction.

On découvre alors l'organisation impressionnante et ritualisée de ces pauses méridiennes. En moins de 5 minutes, les dromadaires sont déchargés et libérés (avec tout de même une corde tenant leur pattes et ne leur permettant de ne faire que de petits pas et ne pas s'enfuir trop loin), un grand tapis est déployé et nos petit matelas rouges installés pour que l'on puisse se reposer à l'ombre des arbres. Et pendant ce temps, nos 3 amis déchargent, installent "la cuisine", préparent un bon thé à la menthe. On comprend enfin pourquoi on boit du thé dans les pays chauds car on attendra ce moment avec impatience chaque jour et cette boisson, bien qu'extrêmement sucrée, est la seule qui arrivera à nous désaltérer après la marche.

Ils préparent ensuite le repas et une bonne heure après, nous voilà servis comme au restaurant. Le repas est délicieux et on est vraiment bluffé de voir arriver de si bonnes choses sorties de cette "cuisine nomade": magnifique salade de crudités (c'est non sans appréhension qu'on la mangera mais pas d'autre choix que de lâcher prise et de mettre de côté nos règles d'hygiène habituelles), omelette marocaine (cuit dans un plat à tajine, avec poivron et tomate, un vrai délice !), puis grenade en dessert.

On reste encore posé un bon moment (on découvre ce qu'est vraiment la pause déjeuner dans ces pays), le campement est replié (aussi vite qu'il a été installé) et c'est reparti pour officiellement 2 heures de marche qui s'avèreront un peu plus longue car le chamelier et les dromadaires, partis devant pour installer le campement avant notre arrivée, seront difficile à retrouver. On finira par les atteindre vers 18h, bien épuisés après avoir affronté le vent et la pluie (et oui c'est possible aussi dans le désert) mais fiers de nous (et surtout des enfants qui ont bien marché aussi) et bien content de cette 1ere journée.

Nouvelle installation du campement pour la nuit avec notre chambre (une grande tente blanche pour nous 4), la cuisine, et bien sûr le feu de camp. 

L'endroit est sympa mais moins bien que là où ils auraient voulu nous installer car il y a pas mal de branchages.

Apéro "thé" (et oui, c'est sevrage complet d'alcool pendant ces 9 jours, et c'est finalement très bien comme ça !), dîner encore une fois excellent (soupe marocaine, tajine de légumes, mandarines), petite soirée chant (plus calme que la veille) avec Ibrahim au djembé (sur un bidon en plastique) et Patrick au banjo (acheté au souk de Marrakech la veille).

On s'installe un peu péniblement dans note tente (il faut qu'on se rôde car tout cela demande beaucoup d'organisation) et extinction des feus bien mérité à 22h...

 

2ème journée

7h30. On savoure le silence absolu en se réveillant tranquillement.

Quand on émerge, la "table" du petit dej est installée sur une petite dune, un peu en hauteur et le campement est déjà en phase de démontage.

Brossage de dent et pipi dans les dunes, en trouvant un endroit stratégique et pas trop venteux permettant de brûler son papier toilette efficacement, c'est là qu'on comprend que nos préoccupations ont radicalement changé en à peine 24h... La toilette est rapide ici, à la grande joie des enfants, un peu moins de la nôtre à ce stade mais on sera surpris de notre capacité d'adaptation par la suite..,

Départ vers 9h15.

Aujourd'hui, on marchera d'une traite (3 bonnes heures) pour s'installer à notre campement vers 13h.

Les paysages sont très beaux et bien différents de ceux de la veille, alternant entre sol très sec (mais légèrement mou, comme dans les parcs pour enfants, c'est assez agréable) et petites dunes de sable. On sent que l'eau n'est pas loin car il y a plus (tout est relatif) de végétation, avec de nombreux petits arbres très verts, et aussi de vie animale (tout est relatif aussi) avec papillons, quelques lézards et de nombreuses traces (lapins, fénecs...)

On observe tout cela, ainsi que les gros pieds plats et tout mous des dromadaires avec joie et simplicité. Ces petits riens font tout ici...

La caravane avance vers les montagnes que l'on aura en toile de fond pendant toute notre marche, et vers lesquelles on doit s'approcher un maximum pour poser le bivouac.

L'endroit où l'on s'arrête est magnifique, avec d'un côté les dunes et de l'autre cette montagne aux strates de différentes couleurs.

Une fois nos petits matelas installés à l'ombre d'un grand tamaris, on y passera tout le reste de l'après-midi.

On déjeune, on dort, on lit, j'écris nos récits... Le temps s'écoule doucement, mais ne parait jamais long. C'est tellement agréable de n'avoir aucune contrainte, ni de temps ni de quoi que ce soit, de faire une pause dans nos vies rythmées, de se laisser porter, sans se poser aucune question.

On est bien, les enfants jouent dans les dunes, font "un peu" leurs devoirs (pas évident de les motiver), Ninon prépare un menu du désert.

Puis arrive le moment du coucher du soleil, notre premier dans le désert car les 2 soirs précédents le ciel était trop couvert. On monte tous les 4 sur une dune un peu plus haute, Patrick joue du banjo, les enfants font des courses de vitesse dans les dunes et moi j'observe tout ça, avec encore un peu de mal à réaliser que nous sommes là, en plein milieu du désert du Sahara...

Une fois la nuit tombée, on redescend au campement (à pas plus de 50m de là où on était), les bédouins préparent le feu et on fait une partie de Pipolo avec les enfants. 

C'est l'heure de l'apéro où les chants bédouins viennent s'immiscer, retardant l'heure du repas à 21h passé...on dévorerait tous un dromadaire !

Dernière étape avant de passer à table, Ibrahim nous prépare le pain qu'il fait cuire dans le feu. C'est un vrai spectacle de le voir faire et la technique de la cuisson à l'étouffée est fascinante. 20 minutes plus tard, le pain est prêt, tout chaud et croustillant, prêt à être dégusté avec le reste du délicieux repas (soupe et riz avec légumes).

Il est déjà tard, on organise la chambrée (bien plus efficacement que la veille) pour coucher les enfants et on revient discuter au coin du feu pendant une bonne heure avec Ibrahim. Il nous apprend beaucoup de leur coutume, leur religion, leur philosophie et leur art de vivre.

Nos vies et nos façons de voir sont tellement différentes, ça ouvre l'esprit de discuter avec lui qui fait preuve de tant de bonté.

Moi qui est toujours rêvé de participer à l'émission "rendez-vous en terre inconnue" (mais il faudrait pour cela que je devienne une star, pas simple...), je me couche en ayant un peu l'impression d'avoir vécu ce type de rencontre. De quoi faire de beaux rêves... 

 

3ème journée

3ème réveil, toujours à la même heure, 7h30. Le levier du soleil est bien plus efficace et doux que le buzz d'un réveil... Ce réveil a une saveur particulière car c'est aujourd'hui l'anniversaire de Ninon. Je me dis (et elle se le dit sans doute aussi) qu'elle a une chance extraordinaire de fêter son anniversaire dans le désert...

On savoure au petit dej le reste du délicieux pain fait par Ibrahim le veille. Il faut prendre des forces car on sait que cette étape va être un peu éprouvante.

Le soleil est maintenant bien au rendez-vous ce qui rend les paysages encore plus somptueux mais la marche aussi plus fatigante, d'autant plus qu'une grande partie des 3 heures de marche de cette matinée se fera dans les dunes de sable, marche bien plus physique que sur le sol dur.

Mohamed prépare deux dromadaires pour les enfants car Ibrahim préfère qu'ils gardent leur force pour l'ascension de la dune hurlante prévue en fin de journée. Ils ne se font pas prier et prendront d'ailleurs ce jour goût à ce moyen de locomotion pour abandonner quasi totalement la marche. 

Cela aura l'avantage de me permettre de garder mon souffle pour la marche plutôt que de discuter avec eux et cela me sera utile car c'est effectivement plus difficile que les autres jours. Mais largement compensé par le décor féérique qui nous entoure, celui dont on rêve tous depuis que l'on est enfant. Des dunes de sable à perte de vue, qui se détachent sur le ciel d'un bleu pur, c'est tout simplement magique...

Après un peu plus de 3 heures de marche, on installe le bivouac dans un très bel endroit, au coeur des dunes.

Le seul bémol est qu'il y fait très chaud et qu'il n'y a ici pas un seul arbre (Ibrahim, Atman et Mohamed ont pris soin de s'arrêter en début de journée pour charger un des dromadaires de bois secs afin qu'on ait de quoi faire le feu le soir). Ils nous installent la grand tente qu'ils laissent ouverte pour faire "courant d'air" mais on est contraint de se serrer dans la tente pour ne pas être au soleil et il fait bien chaud. Cela nous encourage encore plus que d'habitude à ne rien faire et après avoir déjeuner, on restera tous au calme sous la tente.

Atman arrive avec un jeu de Uno et nous propose une partie avec lui, un autre bédouin sorti d'on ne sait où (c'est assez fascinant de croiser des gens dans le désert "par hasard"), Noémie, Johanna, les enfants et moi.

Moment très sympa. Johanna est accablée par ses nombreuses défaites et Colas en profite bien.

Pendant notre partie, on aura la visite d'un "poisson du désert", une sorte de petit lézard à l'aspect un peu visqueux. Les enfants le caresseront et moi je me contenterais de l'observer et de le trouver très mignon.

Vers 17h30 et après un long repos bien mérité, Ibrahim nous conduit à la grande dune (Erg Zaher), point culminant de cette partie du désert, aussi surnommée la dune hurlante. Ibrahim nous avait prévenu que ce serait chouia difficile, et effectivement, ça tire sur les cuisses...On a l'impression d'escalader une montagne pleine de neige poudreuse, chacun en file indienne sur la ligne de la crête. Mais quel spectacle ! Une mer de dunes, sculptées par le vent, une lumière de fin de journée splendide et au sommet de la fameuse dune hurlante, un panorama à 360° sensationnel, sur fin de coucher de soleil.

Juste dommage qu'on ne soit pas juste entre nous pour savourer ce spectacle (on devient vite sauvage dans le désert) car la trentaine de personnes se trouvant au sommet de la dune nous paraissent bien bruyants et troublent un peu cette quiétude.

Johanna propose qu'on reste encore 10 minutes après le coucher du soleil (et le départ du groupe) pour profiter du silence. Juste le temps de voir la lune (qui est pleine ce jour là) se lever à l'opposé de l'endroit où le soleil vient de se coucher, tout aussi magique...

On redescend, à la lumière de la lune, en courant dans les dunes, pieds nus dans ce sable si doux et qui commence à redevenir frais, un moment de pur bonheur qui me fait monter les larmes aux yeux...

On revient au camp (avec nos 2 amis belges partis dans un autre groupe Mélodie du désert) pour prendre un thé tous ensemble.

On ne sait pas trop comment gérer l'anniversaire de Ninon car nos 3 amis semblent mijoter quelquechose mais comme ils ne nous ont rien dit de très clair, on attend.

On a très faim après tous ces efforts, Johanna et Noémie sont sur le point de s'endormir, donc on décide ne pas attendre et d'offrir ses cadeaux à Ninon, sur fond de joyeux anniversaire version banjo. Un petit livre avec une histoire se passant dans le désert, un bel album photo retraçant tous les voyages qu'elle a fait depuis sa naissance et un petit Road Book du Monde Cousu Main pour un week-end toutes les 2 au zoo de Cerza en Normandie, en version safari avec une nuit dans une petite cabane sur pilotis dans le zoo.

Elle est aux anges...

On regarde l'album pendant qu'Ibrahim nous offre encore le spectacle de la confection du pain. On se dit qu'on est pas prêt de manger mais on comprendra après qu'il s'agissait d'un gâteau d'anniversaire pour Ninon...

On dîne puis rien ne se passant, on commence à organiser le coucher pour les enfants car il est 22h30 passé...jusqu'à ce qu'on les voit tous s'afférer dans une dune. Une vison féerique: le "gâteau du désert" (fait avec le pain et toutes sortes d'ingrédients dessus: cacahuète, biscuits émiettés, sirop de grenade, chocolat en poudre...et Ninon écrit avec des lettres découpées dans des poivrons;-) était disposé dans le sable, entouré de bougies plantées dans le sable, et d'un bandeau noir (un morceau du chech d'Atman) avec le prénom de Ninon écrit en sucre en poudre. Une belle démonstration à la fois de leur ingéniosité et de leur grande générosité. Le tout accompagné d'un petit joyeux anniversaire en arabe et d'une dégustation tous ensemble de ce gâteau bien atypique, sans doute le meilleur gâteau d'anniversaire que Ninon n'ai jamais eu...

 

4ème journée

Réveil un peu plus tardif que d'habitude (faut se remettre de la fête d'hier) et départ du campement vers 10h. 

Aujourd'hui on entame la route du retour, sans vraiment le savoir car il faut avouer qu'il n'est tout de même pas évident de se repérer ici...

On va remonter le lit du Draa, en marchant sur un sol sec et terreux, sur lequel la marche est assez agréable et bien moins difficile que la veille, mais les paysages moins extraordinaires aussi. Cela dit vu qu'il fait bien chaud, cette étape tombe bien et les 3 heures ne nous paraissent malgré tout pas si faciles...

On fait plusieurs pauses dont une au puit pour l'apéro des dromadaires (le 1er depuis le début de la semaine, pauvres bêtes...).

On remonte les seaux sur une dizaine de mètres en tirant sur une corde et comme par miracle, l'eau arrive.

C'est assez drôle de les voir tour à tour ingurgiter ces dizaines de litres avec des bruits de déglutition très distingués.

Un peu plus loin, on pose le campement pour notre longue pause méridienne, en attendant que la chaleur passe un peu. On reprendra la marche en fin d'après-midi.

On retrouve petit à petit un joli paysage de petites dunes et Ibrahim nous dégotte un très bel endroit au milieu des dunes pour installer notre campement pour notre dernière soirée. 

C'est fou car on réapprend tellement un autre rapport à la vie et au temps qu'on a du mal à savoir si ça fait longtemps ou pas qu'on est parti, et que le fait que notre périple s'arrête dans une journée ne nous évoque finalement pas grand chose...

Ce qui est sûr, c'est qu'on décide tous de dormir à la belle étoile cette nuit car c'est notre dernière occasion de la faire et on regrette déjà de ne pas avoir tenter avant. ça aussi c'est quelque chose qu'on avait du mal à imaginer avant de partir, la peur bloquant un peu les envies. Mais sur place on se sent tellement chez nous et le désert (aussi hostile qu'il puisse paraitre) est aussi tellement rassurant et accueillant que ça apparait au bout de quelques jours comme une évidence.

Avant cette expérience, place à notre dernière soirée...mémorable...

Thé en préambule, fabrication du pain de sable (incroyable technique consistant à faire cuire le pain à même le sable chaud), puis chanson, que dis-je concert ! Mais cette fois c'est surtout les français qui se mettent en scène: Patrick Bruel pour les filles, Au Champs-Elysées pour Ninon et moi, et tout un tas d'autres tubes plus ou moins douteux, le tout accompagné par "Paaatriiiick" au banjo. On les fait bien rire !

Les enfants apprennent ensuite à Atman à danser le Floss, qu'à force de persévérance, il intégrera en moins d'une heure, chapeau bas...

Mohamed est plus approximatif mais tellement drôle.

Et Ibrahim, plus réservé, surveille tout ce petit spectacle d'un peu plus loin d'un oeil bienveillant et amusé.

S'en suit aussi une série de défis débiles (pompe, magie...) qui nous replonge en enfance et ça fait tellement du bien.

On prendra ce soir là notre dîner tous ensemble, une première. Au menu spaghetti bolognaise, ce qui les obligera à manger avec des couverts.

Dernièr thé à la menthe tous ensemble et on installe nos spots pour dormir à la belle étoile, sauf Colas qui préfère la "sécurité" de la tente. On regrette que les étoiles soient assez peu visibles "à cause" de la pleine lune qui éclaire trop le ciel. Mais on ne lui en veut pas car elle nous a offert de fabuleux spectacles pendant cette semaine, on peut pas tout avoir...

On s'endort comme des bébés, perchés sur notre petite dune...et on sera réveillé quelques heures plus tard par la pluie qui nous obligera à rentrer sous la tente.

Patrick et Ninon, réveillés tôt le matin, ressortiront vers 7h pour voir le lever du soleil, un moment aussi rare qu'exceptionnel.

Et quand Ninon vient me voir à 7h30 en me disant "maman, j'ai vomi", je sais que le début d'une journée difficile commence....

 

5ème journée

Dernier petit déjeuner au coeur du désert, un peu gâché par l'appréhension de la journée à venir...

Je réalise que c'est déjà une grande chance qu'aucun d'entre nous n'ait été malade avant car dans ces conditions et avec l'obligation de marcher, c'est vite l'enfer.

Ninon mange une bouchée mais est malade dans la foulée donc on n'insiste pas. On se prépare et on est prêt à partir vers 9h, Ninon et Colas chacun sur leur dromadaire et nous à pied pour cette dernière étape de traversée du désert.

Après 3/4 d'h, la pauvre Ninon n'en peut plus et on est contraint de faire une pause. Ibrahim lui fait un massage (en lui tirant la peau du dos, Ninon ne dit rien sur le coup mais nous avouera que ça lui a fait un peu mal), Atman l'asperge de vinaigre, on laisse faire en se disant qu'un miracle peut arriver dans le désert.

La pauvre ne tenant plus debout, je monte avec elle sur le dromadaire pour lui faire un dossier et pouvoir la tenir dans mes bras. Plus de deux heures comme cela me vaudront largement plus de courbatures que toutes les heures de randonnée parcourues depuis notre départ...

On finit par se poser pour déjeuner dans un superbe spot bien ombragé qui valait la peine d'attendre.

Délicieux déjeuner (avec petit bol spécial pour Ninon de la part d'Atman qui est super attentionné, c'est touchant). On se repose, alternant entre discussion et silence, sans trop penser à la fin plus qu'imminente....

Ninon s'est endormie. On replie le campement dans le plus grand silence pour la laisser se reposer. Même les dromadaires collaborent et acceptent de s'agenouiller sans émettre le moindre son (ce qui est très rare).

On repart et surprise, 30 minutes plus tard (alors qu'Ibrahim nous avait annoncé encore 1h30 de marche), on arrive au campement fixe. On est pris de cours et un sentiment très mitigé nous envahit: d'une part un soulagement pour cette pauvre Ninon qui va voir son calvaire prendre fin, mais d'autre part une grande frustration de ne pas avoir pu savourer ces derniers instants avant qu'ils ne s'envolent, et déjà la nostalgie de ce trek qui s'achève. ça y est, c'est vraiment LA FIN...

C'est étrange de revoir ce campement qui nous paraissait si spartiate à notre arrivée et qu'on trouve aujourd'hui presque "trop" confortable.

On va prendre un thé dans le salon, sur des chaises, ça aussi ça fait bizarre.

On fait une dernière photo de groupe et on remercie chaleureusement Ibrahim, Atman et Mohamed, les yeux mouillés...

Seule petite consolation, la douche qui nous attend. Même si les conditions ne sont pas optimales (pas de débit, pénurie de shampooing..) ça fait quand même du bien !

On hésite grandement à aller au Festival de Taralgate (un grand festival de musique nomade très réputé à M'hamid) car cette pauvre Ninon aurait plutôt besoin d'aller se coucher mais on a du mal à s'y résoudre et on décide d'y aller et d'aviser sur place.

Malheureusement ce ne sera pas si simple que prévu car le lieu du festival est tout de même à 30 minutes du campement et on est du coup pas vraiment autonome.

Bref, on aurait mieux fait de capituler car Ninon est très fatiguée, le vent (et même la pluie en milieu de soirée) se lève, on a tous froid et on finit par aller se réfugier dans la tente d'un restaurant en attendant l'heure de rendez-vous. Et tout à coup, surgissant comme le messie (c'est vraiment comme ça qu'on a accueilli cette vision), Ibrahim arrive pour nous raccompagner au camp. On dépose Johanna et Noémie sur la route (elles dorment chez Saïd), ce sont nos vrais adieux, plein d'émotion aussi, mettant fin à cette belle rencontre, pleine de simplicité et de sincérité.

On ferme les yeux à 23h30 pour une nuit bien méritée (surtout pour Ninon) avant de reprendre la longue route du lendemain direction Marrakech. 

 

#4- RETOUR VERS LA CIVILISATION

 

Comme pour traduire notre état nostalgique, on se réveille ce matin là sous une pluie battante.

Petit déjeuner dans le salon intérieur, où on retrouve un de nos amis belge, rapatrié dans la nuit en 4X4 pour les mêmes raisons que Ninon.

On discute avec les familles qui viennent d'arriver (et partent en trek le lendemain), on dit au revoir aux dromadaires et à Atman une dernière fois, et Said nous emmène au village où notre taxi nous attend.

On fait la connaissance de Karen (de Mélodie du désert) avec qui on discute un petit moment (ça fait plaisir de la rencontrer) puis c'est parti pour ce long trajet.

Notre chauffeur ne parle pas un mot de français donc la conversation sera très limitée.

Pause déjeuner dans la ville de la datte (où on s'était arrêté prendre un verre à l'aller), où il fait quelques degrés de moins qu'une semaine plus tôt. Je suis en short et sandales, il fait froid et l'air est super humide, je suis gelée. On apprécie tout de même cette pause où on mangera très bien pour trois fois rien et où on ira faire un petit tour au souk (rien à voir avec le souk de Marrakech) pour acheter des dattes et des épices à un petit papi trop sympa.

On reprend le route, il pleut de plus en plus, les rivières complètement asséchées à l'aller débordent, l'eau dégouline partout, les routes sont par endroit bien inondées, c'est limite dangereux.

Sur la fin de la route, on sent notre chauffeur épuisé, ce n'est pas très rassurant.

On arrive enfin à Marrakech vers 20h mais on mettra encore plus d'une heure à arriver au riad car notre chauffeur galère à trouver et n'a plus l'air très "étanche" le pauvre... Il se fait harceler par un "rabatteur", Patrick est même obligé d'intervenir. Retour à la vraie vie...

 

#5-UNE DERNIERE ETAPE A MARRAKECH, PLUS LONGUE QUE PREVUE..

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Nous voilà enfin arrivés à notre ryad dans la quartier Ben salla. Une autre adresse vraiment bien à l'excellent rapport qualité-prix: le Ryad Thycas. Accueil super chaleureux de Karima (on en avait besoin), beau patio, jolies chambres (bien qu'un tout petit peu petites avec tous nos bagages) et un excellent et super copieux petit dej.

On part dîner sur les conseils de Karima au restau "Color Safran", une belle adresse à 3 minutes du Riad dans un cadre très calme et cosy.

Extinction des feus à 23h, épuisés...

On s'octroie une mini grasse matinée le lendemain, réveil à 9h30.

Après notre petit déjeuner gargantuesque, on prépare nos sacs (où plus la moindre parcelle de vêtement est propre..), on libère la chambre et on part faire un dernier tour dans le souk pour quelques derniers petits achats, en jonglant entre les gouttes. On a une pensée émue pour les filles qui sont restées au festival de Taralgate mais aussi pour les familles qui partaient dans le désert en espérant qu'ils n'aient pas le même temps que nous à Marrakech...et on apprendra plus tard que si...

Dernier déjeuner marocain chez Brahim (très bonne adresse très économique), retour au riad pour récupérer nos sacs avant d'aller prendre le taxi, et c'est là qu'on découvre le pot aux roses....et qu'il est 14h45 et non 13h45 comme on le pensait.

Explication: le gouvernement marocain a décidé le vendredi précédent le dimanche que le passage à l'heure d'hiver était annulé. On s'était en effet renseigné sur ce point et c'est ce qu'on nous avait dit donc pour nous le sujet était clos. Mais le souci est que le délai était trop court pour que la mise à jour soit faite et de ce fait, tous les objets connectés (téléphones, ordis, etc) ont automatiquement changé d'heure.

Les 3/4 du pays (dont nous!) pensait donc qu'il était une heure de moins que l'heure réelle.

S'en suit une course endiablée sous la pluie avec nos sacs pour rejoindre le taxi, la rencontre très tendue avec notre taxi, enragé par notre retard, puis la nonchalance totale de tous nos interlocuteurs à l'aéroport.

Résultat: impossibilité de monter dans notre avion qui est pourtant encore là et obligation de racheter un billet, pour le lendemain car il n'y a pas pour le jour même. Sympa la petite soirée à 900€ !!

Dans notre malheur notre Ryad a encore une chambre dispo et accepte de nous reprendre. Passé le stress, on est content de revenir "à la maison", de revoir Karima et on décide de profiter de cette soirée bonus, tant qu'à faire...

On se repose un peu au riad et on part dîner à la "Cantine des gazelles", le super petit restau rose où on était allé déjeuner puis goûter à notre arrivée pour finir en beauté. On est content d'être là, ils sont super accueillants et les enfants nous répètent en boucle que cette soirée en plus est bien sympa. Elle peut l'être !!

Le lendemain, on profite du petit déjeuner et on part en prévoyant 3 heures avant notre vol (exceptionnel pour nous).

Tout se passe bien et on embarque à l'heure.

Bye bye Maroc, On est pas prêt d'oublier cette aventure sportive, familiale, spirituelle, intérieure et surtout humaine que tu nous a offert.

Je m'attendais à quelque chose d'extraordinaire mais je sais maintenant qu'on ne peut pas vraiment comprendre ce qui s'y passe tant qu'on ne l'a pas vécu.

Merci à vous, mes enfants et mon Patrick d'avoir accepté de me suivre dans ce nouveau trip, je crois que vous ne le regrettez pas.

Merci à Ibrahim, Mohamed et Atman pour leur chaleur, leur sourire, leur gentillesse, leur bienveillance, leur chant et leur rire, on vous gardera longtemps dans nos coeurs.

Merci à Noémie et Johanna, cette rencontre pas gagnée d'avance et cette façon naturelle qu'on a eu à s'apprivoiser en douceur et sans manigance ne fait que renforcer sa beauté.

Et pour finir merci à Said et Karen, de Mélodie du désert pour leur gentillesse et leur sérieux et sans qui tout ça n'aurait pas exister.

A bientôt désert, on reviendra, c'est certain !!

 

Source : Le monde cousu main >> Lire l'article en entier (ici)